Le Dicton du jour :
« A la Saint-Antoine (17 janvier), les jours augmentent dâun diner de moine. »
Ze Kitchen Gallery
Restaurant gastronomique|75006 PARIS
Cela fait désormais 25 ans que William Ledeuil a ouvert son premier restaurant bien à lui, il en a ouvert un deuxiÚme depuis⊠Ayant démarré avec deux maßtres merveilleux et que nous adorons (Alain Dutournier et Guy Savoy) il a connu un succÚs rapide et parfaitement mérité.
Cette maison est en fait une institution. Sa signature : une cuisine trÚs franche avec un grand respect du produit et⊠une parfaite maßtrise des épices notamment asiatiques.
Mais la force de cette adresse qui reste au sommet, câest que le chef, loin de se reposer sur ses lauriers est sans cesse en train de crĂ©er et dâinnover.
La passion est intacte, cela se sent et cela se voit. Les assiettes sont un véritable festival. Difficile de se focaliser sur un plat, la carte bouge sans cesse. Une merveille.
Service attentif et décontracté. TrÚs belle sélection de vins.
Et un cadre particuliÚrement réussi et accueillant.
Oscar, Olivier et Thibault
Ze Kitchen Gallery
4 rue des grands Augustins
75006 Paris
Une actualité chargée !
«Ăvitez ce produit !» Imaginons pendant un moment que dans les supermarchĂ©s europĂ©ens on puisse voir, sur un octogone noir, cette alerte sur de la nourriture ultra-transformĂ©e. Plus encore: sur un fond noir, Ă©crit en blanc pour que cela saute aux yeux, sur des gĂąteaux et autres sucreries, marques connues qui se dĂ©noncent hautes en calories, en sucre («excĂšs de sucre» ; sic), en graisses polyinsaturĂ©s.
à bon entendeur: des produits déconseillés par le fabricant !
Bien plus loin que le tiĂšde, ambigu et parfois incohĂ©rent NutriScore, incapable de prendre en considĂ©ration la qualitĂ© nutritionnelle dans son intĂ©gralitĂ© «car lui sont indiffĂ©rents certains facteurs nutritionnels comme la prĂ©sence dâadditifs, de conservateurs, dâingrĂ©dients ultra-transformĂ©s voire des pesticides qui peuvent avoir des effets nĂ©gatifs sur la santé», notait un expert de lâUnion FĂ©dĂ©rale des Consommateurs-Que Choisir.
En revanche, ces octogones ouvertement négatifs sont déjà monnaie courante au Chili, en Argentine, au Mexique.
Oui, dans lâun des pays du Mercosur (MarchĂ© commun du Sud), le bloc commercial sud-amĂ©ricain rĂ©unit le BrĂ©sil, lâArgentine, le Paraguay, lâUruguay et la Bolivie (cette derniĂšre, ayant rejoint tardivement le groupe, ne participe toutefois pas Ă lâaccord).
Merconord ? La ville de San Francisco, capital des Gafam, a dĂ©cidĂ© de sâattaquer de front au problĂšme de lâalimentation du monde dĂ©veloppĂ© (façon dâĂ©crire) en portant plainte contre dix acteurs reconnus de la malbouffe: Kraft Heinz Company, Mondelez International, Post Holdings, The Coca-Cola Company, PepsiCo, General Mills, NestlĂ© USA, Kelloggâs, Mars Incorporated et Conagra Brands.
Connaissiez-vous un pays, une ville, en Europe capable de les affronter, ces boissons par exemple sponsors du Paris Olympique 2024, et dans dâautres Ă©vĂ©nements sportifs en France oĂč le vin ne peut pas se promouvoir, et cependant si nocives pour la santĂ©?
VoilĂ trois ans, en janvier 2023, un communiquĂ© de lâUnion FĂ©dĂ©rale des Consommateurs-Que Choisir a dĂ©noncĂ© la nourriture dite « ultra-transformeÌe » qui envahit les supermarchĂ©s. Dans le dĂ©tail, «elle reprĂ©sente plus de la moitieÌ de nos achats alimentaires et entraine de nombreux problĂšmes de santeÌ: obĂ©sitĂ©Ì, maladies cardio-vasculaires et certains cancers».
Ultra-TransformĂ©es ? Lâexplication nous vient aussi du Mercosur, du BrĂ©sil prĂ©cisĂ©ment, selon la classification NOVA mise au point par le professeur Carlos Monteiro, et reconnue par la FAO (Organisation des Nations Unies pour lâalimentation et lâagriculture), qui dĂ©finit 4 niveaux de transformation, des aliments bruts (lait, Ćufs, lĂ©gumes crusâŠ), aux aliments ultra-transformeÌs (cĂ©rĂ©ales du petit dĂ©jeuner, sodas, laits infantilesâŠ).
Vous savez bien que si lâon parle en France dâun vin il faut ajouter «à consommer avec modĂ©ration». Et que le tabac, depuis, sâorne de tĂȘtes de morts. Pas cependant les cĂ©rĂ©ales destinĂ©es aux enfants ni non plus les gĂąteaux et autres gourmandises, insĂ©parables des petits-dĂ©jeuners et des quatre heures des petits Français, petites Françaises, futur(s) diabĂ©tiques ?
Dâautres dangers les guettent. «Une dizaine de scientifiques -Ă©crit le Monde- ont Ă©tabli un baromĂštre de lâexposition potentielle aux pesticides autour de chaque Ă©tablissement scolaire français». Et les auteurs de recenser «1,7 million dâenfants concernĂ©s».
«Les Français habitant prĂšs des vignes sont plus exposĂ©s Ă certains pesticides, confirme une vaste Ă©tude pilotĂ©e par lâAnses et SantĂ© publique France».
Si «des plats pour bĂ©bĂ©s de la marque NestlĂ© font lâobjet dâun rappel ce samedi 19 avril ; en cause, une trop grande quantitĂ© de toxines», la multinationale suisse, fustigĂ©e jadis pour envahir lâAfrique avec des laits en poudre Ă mĂ©langer obligatoirement avec des eaux non potables, Ă©tait dans les papiers des juges (quoiquâavec un Ă©norme retard dâaprĂšs la lenteur Ă les faire intervenir) pour une affaire des eaux contaminĂ©es filtrĂ©es. DâaprĂšs la presse, «la multinationale suisse tente de bloquer les travaux de la Commission dâenquĂȘte chargĂ©e de faire la lumiĂšre sur cette affaire».
Qui plus est, victimes dâune Ă©pidĂ©mie dâobĂ©sitĂ© les pays dits dĂ©veloppĂ©s doivent, dâaprĂšs la FAO, ajouter 88% de morts dus aux maladies liĂ©es Ă lâalimentation, contre 37% dans les pays sous-dĂ©veloppĂ©s.
Mode pause
Devant ce billet subitement mĂ©dicalisĂ©, jâesquive: quand dans un restaurant on me demande «aucune allergie ?», mon allergie Ă la stupiditĂ© prend le dessus.
Je veux dire par lĂ que mes rĂ©fĂ©rences mĂ©dicales et hygiĂ©niques dans ce billet peu gastronomique ne sont quâune rĂ©ponse Ă lâhypocrisie dâinvoquer des raisons de diĂ©tĂ©tique et santĂ© pour refuser un accord de libre commerce. Surtout quand ledit accord nâest plus quâune opĂ©ration Ă©conomique, par ailleurs plus rentable pour lâEurope que pour les sud amĂ©ricains dâaprĂšs bon nombre dâĂ©conomistes.
Ceci dit, si je vais toujours prĂ©fĂ©rer quâau restaurant on ne parle que de cuisine, de la salle, de vins, de produits et pas de santĂ© (en partant de lâĂ©vidence que le bon restaurateur doit veiller sur la santĂ© de sa caisse mais aussi sur celle des clients) et que la santĂ© on la laisse aux hĂŽpitaux (oĂč par ailleurs ce ne serait pas mal quâon veille, lĂ oui, sur la qualitĂ© gourmande et gourmet des repas) ce nâest pas possible, au moment oĂč le gouvernement nĂ©glige, faut de recours, de personnel, des contrĂŽles dâhygiĂšne liĂ©s Ă lâalimentation des Français, sâentendre dire que le danger qui menace notre alimentation quotidienne soit le Mercosur.
Parlons vins encore pour contredire le Dry January.
Jâai eu la chance, en 1997, de boire un vouvray 1887 de M. Poniatowski, aussi inoubliable que des vieux millĂ©simĂ©s champenois, des bordeaux 1961 et autres richesses bues, comme ces vins de la Loire voulus -par la mode et donc les vignerons- riches, sucrĂ©s, puis Ă©quilibrĂ©s par le temps et la bouteille, devenus secs grĂące Ă son aciditĂ©, juste quand la tendance sâĂ©tait inversĂ©e.
Tout cela pour vous alerter sur la nouvelle -la dixiÚme!- édition de Vinapogée*, lundi 19, le plus français des salons des vins car la France vinicole est (ou était ?) synonyme de vins à boire dans son apogée.
Pour la petite histoire, il faut se souvenir quâil nây a pas encore un siĂšcle le baron Philippe de Rothschild avait inaugurĂ© la mise en bouteille Ă la propriĂ©tĂ© pour des vins classĂ©s en 1855.
Ou que voilà un demi-siÚcle la plupart des grands vins arrivaient dans les bons restaurants parisiens en barrique et les sommeliers (Philippe Bourguignon, par exemple, alors à La RÎtisserie de la Reine Pédauque, je crois) le mettaient en bouteille.
Se souvenir enfin de lâinscription e.v. (en vieillissement) Ă cĂŽtĂ© de plusieurs vins de la carte, car ces vins dormaient en cave, en attendant son apogĂ©e. Par ailleurs, inscription toujours dâactualitĂ© dans la si riche carte de La Tour dâArgent.
Pour boucler la boucle, et ce billet, les experts augurent de trĂšs bonnes affaires pour les vins français si lâUE signe avec Mercosur. Et jâimagine que cela peut ĂȘtre particuliĂšrement bĂ©nĂ©fique pour des vins dans son Ăąge, ce privilĂšge des vins français.* VinapogĂ©e. www.vinapogee.com 10Ăšme Ă©dition. Lundi 19 janvier 2026, de 11 Ă 18h, au Pavillon Gabriel (Paris 8Ăšme). «Pour rencontrer prĂšs de 40 vignerons dâexception, 8 graines dâapogĂ©e qui sont sur le chemin, dĂ©guster plus de 120 vins rares Ă leur apogĂ©e, participer Ă 4 ateliers originauxâŠÂ».
Oscar Caballero est journaliste culturel, chroniqueur gastronomique et auteur. Notamment de « Quand la cuisine fait dateâ.
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Les produits de saison
Les produits que lâon peut lĂ©gitimement trouver sur nos tables en cette saison.Â
Le céleri
Nous sommes en plein dans la saison des lĂ©gumes racines. On aime ou on nâaime pas le goĂ»t un peu prononcĂ© du cĂ©leri rave (lĂ©gĂšrement poivrĂ© et noisette). Mais qui peut lĂ©gitimement contester le fait que le cĂ©leri rĂ©moulade est lâune des meilleures entrĂ©es qui soit ? outre tous les bienfaits pour notre santĂ© !
Rémoulade
Mayonnaise relevĂ©e. La rĂ©moulade se prĂ©pare en battant des jaunes dâĆufs et de lâhuile avec de la moutarde, des condiments hachĂ©s : cĂąpres, cerfeuil, ciboulette, cornichons, estragon, persil, et avec un filet dâessence dâanchois. Par son montant, elle est Ă la mayonnaise ce que la ravigote est en sauce blanche.
(Source : dictionnaire de lâacadĂ©mie des gastronomes)








