Le Dicton du jour :
« Soleil au jour de Saint-Hilaire (25 octobre), rentre ton bois pour lâhiver ».
Les poulettes Batignolles
Restaurant|75017 PARIS
Certes nous avons dĂ©jĂ parlĂ© de cette belle adresse nichĂ©e au cĆur du quartier des Batignolles mais nous venons dây faire Ă nouveau un repas merveilleux. La poĂȘlĂ©e de cĂšpes est irrĂ©prochable mais câest surtout le pigeon façon Wellington qui nous a provoquĂ© un trĂšs grand Ă©moi culinaireâŠ
Une perfection.
Que ce soit la cuisson du pigeon, la parfaite symbiose avec le choux mais aussi la pùte légÚre. à ne pas manquer !!
Service trÚs attentionné. Prix tout à fait justifiés.
Oscar et Thibault
Poulettes Batignolles
10 rue de Chéroy
75017 Paris
Carences de CarĂȘme : privĂ© de liĂšvre, cuisinier de rois,
peut-ĂȘtre, mais point de lâEmpereur !
Jâai racontĂ© ici, voie Le LiĂšvre Ă la Royale (Menu Fretin) que, dans les annĂ©es 1990 câest paradoxalement un hĂ©rault de la nouvelle cuisine, Alain Senderens, celui qui aprĂšs avoir enfermĂ© en ballotine le liĂšvre farci, la dĂ©bite en rondelles, tout en signalant CarĂȘme quand on lui demande dâoĂč vient cette recette.
Câest normal donc que des chefs formĂ©s par lui dĂ©clinent la mĂȘme recette.
Moins Ă©vident, pourquoi câest elle qui fait la presque unanimitĂ©, avec un grand rĂ©sistant dans le dernier quart du XXĂš siĂšcle, JoĂ«l Robuchon, qui prĂ©fĂ©ra effilocher le liĂšvre Ă la façon Couteaux.
Si je reviens sur cela câest en partie puisque la plupart des liĂšvres que je vois se profiler Ă Paris insistent en rĂ©fĂ©rer Ă CarĂȘme (si parfois se nomment Ă la PĂ©rigourdine, presque jamais se souviennent de feu Senderens) mais ici je veux abonder plutĂŽt sur un dommage collatĂ©ral que le livre fait Ă CarĂȘme, celui que dâaprĂšs la lĂ©gende aurait soufflĂ© Ă son patron, Talleyrand, de demander des casseroles Ă lâempereur comme arme diplomatique ;  celui-lĂ mĂȘme qui aurait Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© par Talleyrand au Tsar de la Russie, malgrĂ© le mauvais geste du cuisinier de garder la toque (son invention, quand mĂȘme !) devant le Tsar, en sâexclamant « Je suis la cuisine ! ».
Et voilĂ quâaprĂšs avoir dĂ©truit avec prolixitĂ© le liĂšvre de CarĂȘme, (bien quâutilisant 106 fois le terme Ă la royale
- dĂ©taillent - il ne lâapplique que 12 fois au gibier, « mais point de recette qui sâapparente Ă la nĂŽtre »), nos insatiables dĂ©tectives dĂ©pouillent un le Cuisinier parisien de 1828, de CarĂȘme, « moins connu car il traite essentiellement du travail de la dĂ©coration ».
Et là , du liÚvre, « la seule recette donnée est celle du
« gùteau » de liÚvre aux truffes à la moderne, que Menon avait également décrite ».
Un espoir encore dâun liĂšvre CarĂȘme ? Ouf, oui : « certains disent que [âŠ] se serait trouvĂ© dans des Ă©crits de CarĂȘme conservĂ©s dans les archives du Prince de BĂ©nĂ©vent, Talleyrand ».
Or, aux auteurs dâenfoncer la dague.
« Beaucoup dâhistoriens ont oubliĂ© de lire avec prĂ©cision les Ă©crits de CarĂȘme. Ă aucun moment il nâavance le fait dâavoir Ă©tĂ© « Chef de cuisine » dans la maison de Talleyrand. On peut sâimaginer que si cela avait Ă©tĂ© le cas, il sâen serait largement prĂ©valu comme il lâa fait pour dâautres. Plus encore, les spĂ©cialistes affirment quâil nâexiste aucune preuve quâil nâait jamais cuisinĂ© au ChĂąteau de Valençay. Il nâexiste de mĂȘme aucun document Ă©crit entre Talleyrand et CarĂȘme et leur relation nâest quâun mythe fantasmé ».
Et au cas oĂč le fantasme de CarĂȘme nâavait pas bu la cigĂŒe,
ceci : « On peut lâaffirmer, CarĂȘme nâa pas créé le liĂšvre Ă la royale ».
PitiĂ©, Messieurs ! Le liĂšvre ne devient quâanecdotique Ă ce niveau de la dĂ©mythification, devant la lĂ©gende anĂ©antie dâun CarĂȘme faisant la diplomatie des casseroles pour Talleyrand.
Moi-mĂȘme ayant fait lâĂ©cho de cette lĂ©gende impĂ©riale, je demande aux auteurs du livre dâarrĂȘter de croire si aveuglĂ©ment Ă la rĂ©alitĂ©.
Bien rĂ©el par ailleurs le triomphe dâAlain Fontaine, qui aprĂšs six ans de batailler a rĂ©ussi Ă faire inscrire les cafĂ©s et bistrots dans le Patrimoine Culturel de la France, avant de sâattaquer Ă lâUNESCO. Il mĂ©rite que, Ă mode dâapĂ©ritif de notre prochain mini guide des liĂšvres Ă la royale, je vous oriente vers son Mesturet*, excellent bistrot oĂč, Ă condition de rĂ©server 6 jours Ă lâavance (minimum 4 personnes), Fontaine vous propose « un liĂšvre français livrĂ© entier avec peau et nous rĂ©cupĂ©rons le sang et les abats ».
« Nous sommes sur la recette Antonin CarĂȘme (et oui !) ou dite Ă la PĂ©rigourdine (foie gras et truffes). Il est servi entier, cuit, prĂ©sentĂ© aux clients puis redescendu en cuisine pour dĂ©coupe et service Ă l'assiette ».* Le Mesturet. 77, rue de Richelieu, 75002 Paris.
Tél.: 01 42 97 40 68
Oscar Caballero est journaliste culturel, chroniqueur gastronomique et auteur. Notamment de « Quand la cuisine fait dateâ.
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Les produits de saison
Les produits que lâon peut lĂ©gitimement trouver sur nos tables en cette saison.Â
Le chou
Le chou bien sĂ»r. Câest le moment idĂ©al pour se faire une orgie de choux : chou cabus ou chou pommĂ©, chou rouge, chou de milan⊠chou de Pontoise.
Quâil accompagne les volailles et le gibier (perdrix au chou ou au raisin), les potĂ©es en tous genres, les potages ou bien cru tout simplement. Câest lâun des rois de lâautomne.
Il est reconnu excellent pour la santé.
(Volontairement je nâai pas parlĂ© des choux de Bruxelles qui mĂ©ritent dâĂȘtre rĂ©habilitĂ©s). Â
Le chou-fleur
Les choux-fleurs ont en rĂ©alitĂ© peu de rapports avec les choux, du moins quant Ă la table. Comme les brocolis ils Ă©taient autrefois fort prisĂ©s en carĂȘme. Cuits dâabord Ă lâeau salĂ©e, on peut ensuite les accommoder au beurre fondu, au beurre noir, Ă la vinaigrette, Ă la crĂȘpe, Ă la sauce blanche ou hollandaise, en friteaux, au gratin (ou mornay), Ă la polonaise, etcâŠÂ Â
(Source : dictionnaire de lâacadĂ©mie des gastronomes)