Le Dicton du jour :
« Ă la sainte PĂ©tronille (31 mai), il nây a pas de haies sans chenilles ».
Le comptoir Canaille
Bistrot|75009 PARIS
Vous connaissez probablement tous les bistrots canailles montĂ©s par deux chefs de talents, Ă©lĂšves de Dominique Bouchet - ex chef du Crillon - pour ceux qui lâont connu.
Mais ils sont souvent pris dâassaut et il nâest pas simple dây avoir une table. Alors gardez en tĂȘte le comptoir Canaille. La cheffe Paola Vialetto, sous des apparences de calme et de grande douceur, y cuisine une vraie belle cuisine de caractĂšre. La carte est courte mais sait donner envie. RenouvelĂ©e sans cesse et collant aux saisons, elle manie de trĂšs beaux accords. Lâassiette est pleine de saveurs modernes et lĂ©gĂšres. La cuisine est portĂ©e par un service charmant. Et le tout Ă un prix trĂšs abordable.
Le risque ? Quâelle soit victime de son succĂšs. Alors, foncez-y.
Oscar et Thibault
Le comptoir Canaille
31 rue La bruyĂšre
75009 Paris
Abattoirs abattus, depuis square aux livres. Mais il reste le steak !
Il est vrai que dans les premiĂšres annĂ©es de la VĂšme RĂ©publique, avant que la modernitĂ© nâarrive dans son bric-Ă -brac de rĂ©voltes et des idĂ©es, bien enveloppĂ© dans les dollars du Plan Marshall, et cela sans contradiction apparente entre mai 68 et le tout automobile, le panorama culinaire Ă©tait monotone comme une pluie dâautomne.
Dans les grands restaurants, les vins, goĂ»tĂ©s en cachette par des sommeliers qui commençaient la journĂ©e par la mise en bouteille (les crus arrivant en barriques), ne sâaccordaient quâavec la sauce du poisson ou celle de la viande.
Nouveauté de post-guerre, le steak-frites, mythologique depuis 1957 grùce à Roland Barthes, partageait le podium avec les premiÚres et mauvaises copies des hamburgers (sortis du port de Hambourg vers celui de New York et revenus avec le drapeau des vainqueurs) et surtout, avec les entrecÎtes, cachées sous une sauce « mystÚre ».
Oui, celle-lĂ mĂȘme qui aujourdâhui encore, provoque des files dâattente devant LâEntrecĂŽte, le restaurant fondĂ© en 1962 et qui ignore superbement quâil y a eu, depuis mai 68, la crise du pĂ©trole, la guerre du Golfe, le cholestĂ©rol, la vache folle, le changement de siĂšcle, la conversion verte des chefs, lâarrivĂ©e des cheffes, la grande crise de 2008, le mouvement vegan, les confinementsâŠ
« Le mangeur de steak a oubliĂ© toutes les guerres qui nâont pas lieu chez lui. Il plane sur les ailes de la steaktitude », nĂ©ologise Patrick Besson au Point.
Et voilĂ quâil fait lâĂ©loge dâun steak mangĂ© Aux Cent Kilos*, restaurant que jâavais dĂ©couvert pendant le premier Salon du Livre de Cuisine ancien & moderne**, dans lâancienne Halle aux Chevaux de la rue Brancion, rendez-vous qui revient ce week-end.
LâopportunitĂ© donc de faire comme Besson :  steak-frites et carafe de Brouilly (« à condition dâen prendre une seconde »). Bizarre : Besson ne ponctue plus comme avant (1,2 ou 3 faucille/marteau) les restaurants dont il parle.
Ă mon tour, si vous profitez des horaires invraisemblables (7h du matin Ă 2h du matin, 7j/7, cuisine dĂšs 11h30 : oui, ils sont des Tamouls !) Aux Cent kilos, dont lâenseigne fait allusion au volume quâon nĂ©gociait avec bouchers et restaurateurs dans les voisins Abattoirs de Vaugirard (1894-1974), Ă©vitez la moutarde sortie triste dâun biberon plastique. Et contournez la bĂ©arnaise, puisque lâinterprĂ©tation (tamoul ?) de ladite sauce nâest pas fameuse.
Mais la viande est bonne, tendre et bien grillĂ©e, ce qui nâest pas facile Ă trouver : « on devient cuisinier, mais on naĂźt rĂŽtisseur », dixit Brillat-Savarin, et ma jeunesse argentine confirme. Â* Aux Cent Kilos. 46 rue des Morillons, 75015 Paris.
Tél. : 01 48 28 17 42. Service accueillant.
Jâallais oublier : petite bibliothĂšque des livres Ă lire, une bonne centaine de possibilitĂ©s, pour ne pas oublier quâon est en face du square Georges Brassens.** Salon du Livre de Cuisine ancien & moderne.
104, rue de Brancion, 75015 Paris.
1er et 2 juin, 10h à 18h. Entrée libre.
Oscar Caballero est journaliste culturel, chroniqueur gastronomique et auteur. Notamment de « Quand la cuisine fait dateâ.
Les produits de saison
Les produits que lâon peut lĂ©gitimement trouver sur nos tables en cette saison.Â
Les légumes primeurs
La cocotte de lĂ©gumes primeurs ! Câest lâoccasion ou jamais. Vous voyez les petits lĂ©gumes nouveaux redonner de la joie Ă nos marchĂ©s. Prenez une cocotte en fonte, mettez-y petites carottes, navets nouveaux, oignons nouveaux et bien sĂ»r des petits pois, du lard et arrosez dâun filet dâhuile dâolive. En fin de cuisson ajoutez-y les herbes du moment. Le bonheur est lĂ . Vive le printemps.
Petits pois
Pois cueillis avant maturitĂ©, les petits pois recoivent, comme apprĂȘt isolĂ©, de multiples accommodements : bonne femme, Ă la crĂȘme, Ă la française, Ă la moelle, Ă la paysanne, en purĂ©e
(Saint Germain), etcâŠ
Le proverbe dit quâil faut manger les petits pois avec les riches et les cerises avec les pauvres. Autrement dit les petits pois ne sont bons que dans leur primeur, temps oĂč ils coĂ»tent cher.
(Source : dictionnaire de lâacadĂ©mie des gastronomes)